Bonjour, chers lecteurs et panafricaniste!
«Le pouvoir n'est pas une forme de consommation, mais un service, le plus noble de tous. La politique n'est pas une question d'hédonisme consumériste, mais une oblation», Philippe de Villier.
Cette belle pensée de M. Philippe de Villiers, homme politique et écrivain français, nous fait prendre conscience de la désolation conceptuelle du pouvoir que nous vivons depuis quelque temps en République centrafricaine. Cela soulève plusieurs questions: quelle est la conception du pouvoir de Néron? Comprend-il ce que signifie le pouvoir? Saisit-il la nuance entre pouvoir et autorité? Entre pouvoir et héritage familial? Entre pouvoir et gestion de fortune personnelle? En effet, le pouvoir est généralement une responsabilité que le peuple confie à l'un des siens afin de garantir la satisfaction de ses intérêts communs. D'un autre point de vue, le juriste français Gérard Cornu infique que « le pouvoir rétablit également la fonction du juge, qui n'a de pouvoir sur les autres que pour les servir ». Ainsi, nous comprenons que le pouvoir correspond à la mission de ceux qui l'exercent uniquement, pour remplir leur fonction souveraine : LE SERVICE. En outre, ceux qui détiennent le pouvoir ne l'ont que pour servir la nation à travers une mission, un devoir qui leur est confié par l'État.
Nous passons en revue ces définitions afin de permettre une compréhension du sens véritable, de la portée et de la conception du pouvoir. Car, en effet, en République centrafricaine, certains princes ne comprennent pas ce langage sémantique du pouvoir.
Face à cette réalité dont ils sont totalement inconscients, nous constatons que le concept de pouvoir perd son sens et sa portée dans une République régie par l'État de droit. À cette fin, cette incompréhension du concept juridique du pouvoir conduit certains princes à confondre le pouvoir avec l'héritage familial, sur lequel eux seuls ont le pouvoir de veiller, de dominer, de contrôler, de distribuer et de satisfaire leurs besoins.
Cependant, le pouvoir est un sacrifice au service de la nation, une oblation pour accomplir une mission définie par un mandat. Et c'est ce service qui réside dans le pouvoir et donne tout son sens à ce concept que l'État confère à un certain nombre de Centrafricains. Il est toutefois surprenant de constater que le pouvoir devient de plus en plus un exercice de domination du groupe qui le détient sur le reste du peuple. De plus, élus par le peuple, ils ont reçu ce pouvoir pour le servir. Malheureusement, ils sont devenus des tyrans qui en profitent pour menacer, intimider et kidnapper ceux qui les critiquent et les dénoncent, et emprisonner ceux qui persistent dans leurs devoirs démocratiques. Ils utilisent ce pouvoir comme un moyen de domination, d'asservissement, d'oppression et d'assujettissement du peuple. Jour après jour, le peuple se retrouve étouffé dans un abîme. Tranquillement dans son camp, Néron devient intouchable, modifie la loi pour se donner plus de temps pour régner, défend son territoire, terrorise son peuple qui lui accorde ce pouvoir, et le haut gradé intimide et menace les soldats qui réagissent conformément à la loi militaire. De leur côté, tout comme les compagnons de Néron, son clan, ses amis et sa famille exploitent ce pouvoir en piétinant, maltraitant et torturant ceux qui osent défier le régime de Néron.
Toutefois, le pouvoir n'est pas un héritage transmis par le chef de famille à ses descendants ou un chef du village à ses sujets proches, mais plutôt un noble service confié par l'État, limité par un mandat. Puisque ce pouvoir est un service, Néron n'est qu'un serviteur pour la durée de la République. Néron est donc appelé à exercer le pouvoir, conformément au droit constitutionnel, afin d'assurer la gestion de la République, la sécurité et la protection du peuple qui lui a accordé sa confiance.
En référence au droit positif, Emmanuel Gaillard, juriste français et professeur agrégé de droit, considérait le pouvoir comme un devoir noble et non comme l'exercice de la force par ceux qui le détiennent sur ceux qui le leur accordent Il est donc clair que Néron est très éloigné de cette conception sémantique du pouvoir. Croyant en l'homme fort, puissant, omniprésent, omnipotent, il écrase tous ceux qui osent contester son autorité. Mais il doit comprendre que ceux qui lui accordent ce pouvoir sont précisément ceux qui, demain, lassés de vivre dans cette servitude, dans cet abîme, décideront de son sort. Comme Néron, son idole qui a fui son châtiment, qui s'est suicidé, il sera puni par le peuple, gardien du pouvoir.
Bonne lecture!
Axel Presnel Averroés Korondo, le scribe Inspiré

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire