jeudi 9 octobre 2025

ELECTIONS GROUPEES DU 28 DECEMBRE 2025: les prérequis d'un jeune candidat

ELECTIONS GROUPEES DU 28 DECEMBRE 2025: les prérequis d'un jeune candidat


Le 02 octobre 2025, en République centrafricaine, l'Autorité Nationale des Elections (ANE) a officiellement ouvert la période de candidatures pour les élections générales du 28 décembre 2025. Cette annonce a ouvert la voie à tout Centrafricain se sentant qualifié pour se présenter aux dites élections. Depuis lors, nombreux sont ceux qui ont manifesté leur désir d’être à la tête de la République centrafricaine. Le siège de l'Autorité Nationale des Elections a vu défiler les candidatures, dont celles de citoyens jeunes d’âge et d’expérience politique. Après observation, réflexion et analyse de l'évolution de la situation quant aux jeunes candidats en lice pour les plus hautes fonctions de l'État, nous avons envie de croire que, pour une grande partie de la jeunesse centrafricaine, l'heure est venue ; que la sonnette d'alarme a sonné pour la gouvernance centrafricaine par les plus jeunes. S’il faut s’appesantir sur leurs supports de communication, ils sont las du joug de la gabegie politique, de la gérontocratie et de tous les maux qui gangrènent la République centrafricaine depuis des décennies, et veulent que cette situation prenne fin. Ils ont foi que la République centrafricaine sortira de son marasme, si la confiance est accordée à la nouvelle génération. Ils le signifient d’ailleurs ouvertement !

Mais de quelle jeunesse parle-t-on ? De la jeunesse d'aujourd'hui, façonnée par la manipulation, en quête de pain quotidien, assoiffée d'intégration dans la fonction publique ? Ou de la jeunesse consciente de demain ? Comme le disait Baye Niass, un marabout religieux : « L'avenir de toute nation repose certes sur sa jeunesse, mais sur toute la jeunesse, dotée d'un caractère noble et de grandes ambitions. » En réalité, cette pensée de Baye Niass dépeint une jeunesse forte, consciente, dynamique, animée par un désir ardent de changement, de choses concrètes ; une jeunesse honnête, fidèle aux bonnes mœurs, aux obligations morales, au devoir civique, qui se bat pour la bonne cause, qui lutte contre la corruption, qui combat la mauvaise politique et qui se veut la flamme qui mènera la République centrafricaine au sommet du développement.
En réalité, le désir de briguer la Magistrature Suprême n'est ni un jeu de hasard, ni un vote familial, ni un vote entre amis, ni une palabre sous le baobab du village de Tondomazome dans le Mbomou... Par conséquent, avant tout engagement politique, les jeunes devraient se poser plusieurs questions, notamment sur : leur conception de la présidence ; leur but, motivation et objectif de se présenter comme candidat aux élections présidentielles ; leurs rapports avec le vainqueur des élections ; leur image lors de l’animation de la scène politique ; les valeurs morales requises pour être élu président ; leur conception de l’administration centrafricaine ; leur expérience administrative ; leur vision et leur politique en matière de gouvernance ; les manquements liés au développement de la République centrafricaine et leur contribution pour la croissance du pays ; ce qu’ils ont déjà accompli dans les secteurs public et privé ; leur connaissance approfondie des réalités concrètes de la République centrafricaine ; leur vision de l’État ; leur conception de la démocratie ; leur psychologie présidentielle, etc.
Être candidat à la présidence de la République et en particulier en Centrafrique est une mission qui exige une préparation de longue haleine, une connaissance approfondie de la gestion de la République, une bonne moralité, un sens du leadership et une expertise en démocratie, une connaissance de l'environnement sociopolitique et ethnique, de l'anthropologie noire et centrafricaine, de la géopolitique stratégique de la politique centrafricaine, ainsi que de la gouvernance et de l'administration de l'État…
Il est temps que la jeunesse centrafricaine comprenne qu'il est prématuré de vouloir prendre les rênes de ce pays sans un bagage bien fourni. Malheureusement, la plupart de ces jeunes ne s'engagent pas en politique par vocation, ambition nationale ou sacrifice. Pour certains, c'est un moyen d'accéder à la fonction publique ; pour d'autres, c'est un moyen de subvenir à leurs besoins. Cet état des choses ne fait pas d'eux une génération compétitive, suffisamment ambitieuse pour relever les multiples défis auxquels la République centrafricaine fait face.
Parce que pour mieux sauter, il faut reculer de deux pas, ces jeunes gagneraient à se remettre en question et se soumettre aux exigences politiques du nationalisme. Par ailleurs, la jeunesse centrafricaine doit revoir sa compréhension et sa vision de la politique nationale. Elle ne doit pas se précipiter dans l'action, sous les acclamations de quelques amis ou membres de la famille. La lecture étant un pilier dans la compréhension des processus, cette jeunesse ambitieuse devrait absolument lire et comprendre l'histoire mouvementée des duos sénégalais emblématiques qui dirigent le Sénégal depuis quelques temps.
La politique ne requiert ni haine ni démagogie, elle se mérite. Il faut travailler dur pour montrer au peuple qui l'on est, ce que l'on pense pouvoir apporter de nouveau à l'avancement de la République centrafricaine. Alors, jeunesse, retourne à l'école de la gouvernance, de l'administration, du leadership, de la géopolitique, de la formation humaine, de la gestion de l’image du candidat et de la connaissance du sens de la démocratie !
Alors après, seulement après, tu pourras te présenter aux élections présidentielles.

Axel Presnel KORONDO MOBEZAORO, Observateur de la vie socio-politique

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