mardi 12 août 2025

LE POUVOIR ET SA CONCEPTION EN CENTRAFRIQUE



Bonjour, chers lecteurs et panafricaniste!


«Le pouvoir n'est pas une forme de consommation, mais un service, le plus noble de tous. La politique n'est pas une question d'hédonisme consumériste, mais une oblation», Philippe de Villier.

Cette belle pensée de M. Philippe de Villiers, homme politique et écrivain français, nous fait prendre conscience de la désolation conceptuelle du pouvoir que nous vivons depuis quelque temps en République centrafricaine. Cela soulève plusieurs questions: quelle est la conception du pouvoir de Néron? Comprend-il ce que signifie le pouvoir? Saisit-il la nuance entre pouvoir et autorité? Entre pouvoir et héritage familial? Entre pouvoir et gestion de fortune personnelle? En effet, le pouvoir est généralement une responsabilité que le peuple confie à l'un des siens afin de garantir la satisfaction de ses intérêts communs. D'un autre point de vue, le juriste français Gérard Cornu infique que « le pouvoir rétablit également la fonction du juge, qui n'a de pouvoir sur les autres que pour les servir ». Ainsi, nous comprenons que le pouvoir correspond à la mission de ceux qui l'exercent uniquement, pour remplir leur fonction souveraine : LE SERVICE. En outre, ceux qui détiennent le pouvoir ne l'ont que pour servir la nation à travers une mission, un devoir qui leur est confié par l'État.

Nous passons en revue ces définitions afin de permettre une compréhension du sens véritable, de la portée et de la conception du pouvoir. Car, en effet, en République centrafricaine, certains princes ne comprennent pas ce langage sémantique du pouvoir.

Face à cette réalité dont ils sont totalement inconscients, nous constatons que le concept de pouvoir perd son sens et sa portée dans une République régie par l'État de droit. À cette fin, cette incompréhension du concept juridique du pouvoir conduit certains princes à confondre le pouvoir avec l'héritage familial, sur lequel eux seuls ont le pouvoir de veiller, de dominer, de contrôler, de distribuer et de satisfaire leurs besoins.

Cependant, le pouvoir est un sacrifice au service de la nation, une oblation pour accomplir une mission définie par un mandat. Et c'est ce service qui réside dans le pouvoir et donne tout son sens à ce concept que l'État confère à un certain nombre de Centrafricains. Il est toutefois surprenant de constater que le pouvoir devient de plus en plus un exercice de domination du groupe qui le détient sur le reste du peuple. De plus, élus par le peuple, ils ont reçu ce pouvoir pour le servir. Malheureusement, ils sont devenus des tyrans qui en profitent pour menacer, intimider et kidnapper ceux qui les critiquent et les dénoncent, et emprisonner ceux qui persistent dans leurs devoirs démocratiques. Ils utilisent ce pouvoir comme un moyen de domination, d'asservissement, d'oppression et d'assujettissement du peuple. Jour après jour, le peuple se retrouve étouffé dans un abîme. Tranquillement dans son camp, Néron devient intouchable, modifie la loi pour se donner plus de temps pour régner, défend son territoire, terrorise son peuple qui lui accorde ce pouvoir, et le haut gradé intimide et menace les soldats qui réagissent conformément à la loi militaire. De leur côté, tout comme les compagnons de Néron, son clan, ses amis et sa famille exploitent ce pouvoir en piétinant, maltraitant et torturant ceux qui osent défier le régime de Néron.

Toutefois, le pouvoir n'est pas un héritage transmis par le chef de famille à ses descendants ou un chef du village à ses sujets proches, mais plutôt un noble service confié par l'État, limité par un mandat. Puisque ce pouvoir est un service, Néron n'est qu'un serviteur pour la durée de la République. Néron est donc appelé à exercer le pouvoir, conformément au droit constitutionnel, afin d'assurer la gestion de la République, la sécurité et la protection du peuple qui lui a accordé sa confiance. 

En référence au droit positif, Emmanuel Gaillard, juriste français et professeur agrégé de droit, considérait le pouvoir comme un devoir noble et non comme l'exercice de la force par ceux qui le détiennent sur ceux qui le leur accordent  Il est donc clair que Néron est très éloigné de cette conception sémantique du pouvoir. Croyant en l'homme fort, puissant, omniprésent, omnipotent, il écrase tous ceux qui osent contester son autorité. Mais il doit comprendre que ceux qui lui accordent ce pouvoir sont précisément ceux qui, demain, lassés de vivre dans cette servitude, dans cet abîme, décideront de son sort. Comme Néron, son idole qui a fui son châtiment, qui s'est suicidé, il sera puni par le peuple, gardien du pouvoir.

                                                                                                                          Bonne lecture!

Axel Presnel Averroés Korondo, le scribe Inspiré


dimanche 10 août 2025

DE LA SCENE A LA VII REPUBLIQUE: ACCORD DE PAIX OU ARRANGEMENT POUR TRUQUER LES ELECTIONS?

Bonjour, chers lecteurs et panafricanistes

Aujourd'hui, je pleure sur les tombes des victimes d'Ali DARASSA de UPC et de Sembé BOBO de 3R, tout comme Jésus a pleuré à la vue de la souffrance de ceux qu'il aimait, les proches de Lazare. Je ne suis pas contre vous, mais je suis Centrafricain ! C'est pourquoi je me sens également appelé à dénoncer toute situation qui me semble étrange.
En effet, hier, comme tous les Centrafricains, j'ai été témoin de ce que vous appelez vous-mêmes « l'accord de paix » ! Pardonnez-moi, si je l'appelle « votre accord de paix », car je ne me reconnais pas dans cette approche purement mafieuse et sanguinaire !
Votre approche, si je peux la caricaturer, ressemble à celle d'un tigre sauvage, d'un petit diable amer !
Après tout votre théâtre, je m'interroge : Ali DARASSA et Sembé BOBO sont-ils Centrafricains ? Quels privilèges ont-ils sur les Centrafricains ? Combien de Centrafricains ont-ils tués ? Ont-ils oublié ? Combien de familles sont en deuil ? Combien d'accords ont-ils signés ? Ont-ils respecté l'Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APP-RCA), signé le 6 février 2019 à Bangui, à la suite des pourparlers de Khartoum ?... Tant de questions me taraudent, après cette haute trahison du gouvernement !
Je me souviens que l'ancien ministre Armel SAYO a été arrêté à l'aéroport de Douala le 17 janvier 2025, puis extradé à Bangui, près de quatre mois après son arrestation au Cameroun, pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Face à cette observation, je me demande encore : si lui, un Centrafricain, est accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, qu'en est-il d'Ali DARASSA et de Sembé BOBO ? Comment qualifier leurs crimes ? Soyons honnêtes et sérieux, chers dirigeants !
Dans le même ordre d'idées, le 28 juin 2025 à Bangui, des leaders de la société civile participant à une marche en mémoire des victimes de la tragédie du lycée B. Boganda ont été violemment arrêtés par la police nationale, sur ordre de son directeur. Et hier, à l'aéroport international de Mpoko, des mercenaires, des tueurs en série de Centrafricains, ont été accueillis dès leur descente de l'avion, escortés et conduits en lieu sûr, impatients de conclure un accord que vous appelez « paix ».
Je ne comprends pas ce théâtre aba-kelé ! Ne jouez pas à ce jeu ! Ne risquez pas tout pour atteindre votre objectif ! Soyez honnêtes pour la première fois de votre vie ! Respectez la mémoire des victimes massacrées par ces engins de mort que vous protégez aujourd'hui en signant un faux accord, simplement parce que vous vouliez atteindre votre objectif : VII République.
Une chose est sûre : les familles des victimes sont toujours en vie et elles pleurent à la vue de toute cette scène. Vous prétendez que toute cette scène est pour la paix ? Mais de quelle paix parlez-vous ? Vous vous laissez accueillir à bras ouverts, devant les caméras, lors d'une cérémonie organisée, sur le tapis rouge, dans une grande salle, par ceux qui étaient hier les tueurs en série des Centrafricains... Tout cela parce que les élections approchent et que vous voulez à tout prix leur soutien pour une mascarade électorale. Cependant, vous devez garder à l'esprit que le pouvoir n'est pas éternel ! Je pensais que vous étiez aussi sage que le roi Salomon, mais non, vous êtes l'incarnation de Goliath ! Un jour, tout cela finira comme la ruine d'une maison de paille dans le village de Benzambe. Si vous croyez encore un peu en Dieu, il est temps de vous repentir de vos actes pour obtenir Sa faveur ! Si vous pouvez encore être habité par la honte, vous pouvez vous rendre secrètement au presbytère ou chez un pasteur, pour confesser vos péchés ou pour votre conversion. Car vos actes, pour être honnête, sont purement et simplement sanguinaires.

Bonne lecture!!!

L’AFRIQUE ET LE SYNDROME DU POUVOIR ETERNEL

Bonjour, chers lecteurs et panafricanistes!
« Je le répète, je ne serai pas candidat. Cette question m'agace. J'ai moi-même renforcé la Constitution pour stipuler que personne ne peut exercer plus de deux mandats au cours de sa vie. Personne ne va me retenir à la Présidence. Je pars. J'ai vieilli», a déclaré avec confiance, fierté, enthousiasme et courage le président béninois Patrice Talon, lors d'une rencontre avec des jeunes, le 28 juillet 2025, au Marina Palace de Cotonou. Mais que se passe-t-il au Cameroun ? En République centrafricaine ? En Côte d'Ivoire ? Pourquoi ne pas nous laisser guider par l'esprit de paix, de bonheur et de respect ?
En effet, ce mois de juillet a été marqué par des événements que l'on pourrait qualifier de ''syndrome du pouvoir éternel''.
Tout d'abord, le 13 juillet 2025, le président camerounais, Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis le 06 novembre 1982, a annoncé sa candidature aux élections d'octobre 2025. Puis, le 26 juillet 2025, son homologue centrafricain, Faustin Archange Touadera, 68 ans, au pouvoir depuis le 30 mars 2016, a prêté serment au sein du parti politique MCU, dont il est le leader. Enfin, le 29 juillet 2025, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, 83 ans, au pouvoir depuis le 6 mai 2011, a annoncé sa candidature pour un quatrième mandat.
Alors que l'un d'entre eux, à la fin de son mandat, se prépare à quitter le pouvoir comme l'exige la Constitution, pour le bien de son peuple, de son pays et pour l'image et l'honneur de l'Afrique, les trois autres se considèrent toujours comme les seuls sauveurs, Dieu tout-puissant, et modifient la Constitution pour rester au pouvoir indéfiniment. Quel plaisir ont-ils à prendre une telle décision ? C'est une scène horrible pour la démocratie dans une partie de l'Afrique. De plus, juillet reste un mois de honte, de tristesse et de larmes pour une démocratie qui a été piétinée, malmenée et étranglée au milieu de la place de l'Indépendance par ceux qui devraient la défendre et la respecter sous toutes ses formes.
Ces annonces ont secoué la presse et suscité de nombreuses discussions et tensions entre les partisans de ce trio et leurs opposants. Cette réalité montre que l'Afrique est encore loin de la démocratie. Car ceux qui sont censés respecter la démocratie dans ces pays sont ceux qui la piétinent, la violent et la tourmentent sous prétexte de patriotisme et de lutte contre l'impérialisme français.
Ce fut un choc juridique, mais surtout une gifle brutale à la noble Constitution. Face à ce cauchemar ambigu, quelle serait notre réaction en cas de soulèvements au Cameroun, en République centrafricaine et en Côte d'Ivoire ? Irions-nous une fois de plus blâmer l'Occident ? Allons-nous dire que la France est responsable des rébellions en République centrafricaine ? Des troubles au Cameroun ? De la guerre civile en Côte d'Ivoire ? Que la pauvreté et la misère qui continuent de sévir en Afrique sont causées par la France ?
Chers lecteurs et panafricanistes, soyez logiques et lucides pour une fois ! Les faits sont sous nos yeux, et nous devons les voir pour enfin comprendre d'où viennent nos problèmes, ce qui nous freine, ce qui maintient l'Afrique dans cet abîme depuis tant d'années. Cette mascarade, concoctée par les ennemis de la démocratie, est appréciée et soutenue par ceux qui, directement ou indirectement, cherchent à protéger leurs intérêts.
L'Afrique a besoin de dirigeants responsables, capables de se retirer lorsque la fin l'exige. Et là, nous parlerons de démocratie, ce seul système politique capable de libérer l'Afrique de cette supercherie. Rester au pouvoir indéfiniment est un crime. Il est temps que les dirigeants africains suivent l'exemple de Patrice Talon, président béninois. Ce respect de la Constitution favorisera un climat de paix et de cohésion sociale et ouvrira la voie au développement. C'est ce que l'Afrique mérite pour son propre bien, son bonheur et la survie des Africains.

Chers lecteurs et panafricanistes, bonne réflexion !

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